Tenue de la 7ème édition de la Conférence nationale humanitaire
Le 6 octobre 2026, le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères a organisé la 7ème édition de la Conférence nationale humanitaire, espace de réflexion réunissant les acteur.rices de l’action humanitaire française (ONG, organisations internationales, bailleurs humanitaires, parlementaires, État, fondations d’entreprises).
L’édition 2026 a marqué un point d’étape de la Stratégie humanitaire de la République française 2023-2027, annoncée lors de la précédente conférence : cette stratégie reconnaît l’importance des droits de l’enfant ainsi que l’égalité de genre et les droits des filles comme des priorités stratégiques, transversales et systématiques de la diplomatie humanitaire française à l’international.
La CNH 2026 s’est par ailleurs déroulée dans un contexte particulier, marqué par des allocations financières à la baisse depuis plusieurs années et ce malgré des crises multisectorielles inédites au niveau mondial, ainsi que par des violations sans précédents des droits de l’enfant. Le GE a notamment assisté au temps introductif orienté sur la question des conflits, ainsi qu’à la première table ronde sur la promotion du respect sans conditions du droit international humanitaire, en particulier en contexte de guerre. Au cours de ces échanges, le sujet des droits de l’enfant a été abordé à plusieurs reprises.
Réitérer l’importance des droits de l’enfant comme priorité transversale de l’action humanitaire française
Dans son discours introductif, M. le Ministre Jean-Noël Barrot a rappelé l’importance pour la communauté internationale de connaître, promouvoir et respecter en toutes conditions le droit international humanitaire (DIH). S’aligner sur un cadre commun de solidarité concret et efficace permet de tendre vers une action humanitaire impartiale, neutre et indépendante.
Le Ministre a insisté sur la nécessité de la protection des enfants dans les conflits, précisant que le sujet “ne peut plus être relégué au second ordre. La France ne l’acceptera pas. ». Parmi les engagements de la France, le Ministre a rappelé la tenue en février 2027 de la Conférence de haut niveau sur les principes et engagements de Paris.
Si la SHRF cite les droits de l’enfant et l’approche fondée sur les droits de l’enfant (AFDE) parmi ses principales priorités, les enfants sont toujours, en contexte d’augmentation des conflits, “impactés de manière disproportionnée”, comme l’a rappelé lors de la table ronde introductive Mme Vanessa Frazier, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la question des enfants et des conflits armés.
En effet, en 2024, 520 millions d’enfants, soit un enfant sur cinq dans le monde, vivaient dans des zones de conflit, un chiffre record depuis la Seconde Guerre mondiale. A titre de comparaison, l’Union européenne comptait au 1er janvier 2026 452 millions d’habitants. Cette même année, en contexte de guerre, les violations graves à l’encontre des enfants ont augmenté de 25 %, avec une hausse de 70% des meurtres et mutilations. A la fin de l’année 2023, on comptabilisait 47 millions d’enfants déplacés de force, représentant 40% des 117,3 millions de personnes subissant ces déplacements.
Mme Frazier a déploré le fait que les enfants soient victimes des acteurs étatiques supposés les protéger, et qui font fi de leurs engagements internationaux, perpétrant consciemment des violations graves à leur encontre. Cette situation inédite traduit le sentiment d’impunité des auteurs de ces violations et doit conduire l’ensemble de la communauté internationale à agir. Il est donc plus que jamais nécessaire de rappeler l’importance du respect du DIH, mais également d’exiger la mise en place de mécanismes de responsabilisation des auteurs de violations de droits, et l’usage d’outils légalement contraignants pour garantir les droits de tous les enfants.
Des coupes budgétaires lourdes de conséquences pour les droits de l’enfant
Face à ces constats alarmants, Mme Ann Avril, Directrice Générale d’Unicef France, a rappelé l’importance de combiner les leviers d’action opérationnels et diplomatiques pour assurer les droits de l’enfant, tout en veillant à continuer de financer l’aide humanitaire sans conditions, et ce même dans un contexte de forte crise budgétaire.
En effet, le 1er octobre 2026, le Premier Ministre a présenté le Projet de loi de finances (PLF) 2027, lequel prévoit des coupes supplémentaires drastiques dans l’Aide Publique au Développement (APD). Ces baisses sont envisagées à hauteur de 1,9 milliard d’euros, soit encore –43% par rapport à 2026. Cependant, comme annoncé par le Ministre Jean-Noël Barrot lors de l’ouverture de la CNH, ces coupes ne devraient pas toucher l’aide humanitaire, dont les financements devraient être stabilisés pour l’année 2027.
La France se doit à présent de continuer à opérationnaliser la SHRF 2023-2027 en intégrant les droits de l’enfant de façon transversale dans des plans d’action pensés pour répondre efficacement aux multiples crises actuelles. Elle doit aussi exiger de la communauté internationale un cadre de redevabilité solide pour réagir aux graves violations de droits, et assurer la mise en œuvre effective de l’AFDE.
Le Groupe Enfance ainsi que les organisations de la société civile expertes des droits de l’enfant à l’international resteront mobilisé.es pour apporter leur expertise et partager leurs recommandations en ce sens. Si le GE salue les prises de position énoncées lors de cette 7ème Conférence nationale humanitaire, il espère que la priorité donnée aux enfants saura se traduire concrètement et sans conditions dans les politiques, programmes et financements humanitaires français au cours des années à venir.



